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S’installer en agriculture : les clés du financement en Nouvelle-Aquitaine

La création ou la reprise d’une exploitation agricole nécessite bien souvent des investissements importants. Eléonore Daly, chargée de mission au Point Accueil Installation Transmission (PAIT) en Gironde, Sylvain Gioux, référent installation au Crédit Agricole Centre Ouest, et Pierre Trigeard, conseiller foncier à la Safer Nouvelle-Aquitaine, ont échangé, lors d’un webinaire organisé par la Safer, sur les solutions de financement pour les porteurs de projets agricoles. Entre aides, prêts et dispositifs fonciers, ils ont mis en lumière l’importance d’un accompagnement structuré et complémentaire pour soutenir l’installation agricole et faciliter l’accès au foncier.

Aides et subventions : un accès à multiples niveaux

« Le PAIT est la première étape pour toute installation agricole », affirme Eléonore Daly, la chargée de mission du PAIT en Gironde. Cet espace d’accueil offre à la fois écoute, information et orientation, et permet aux futurs agriculteurs de mieux cerner leurs besoins et d’initier un projet réfléchi. « Nous orientons aussi les porteurs de projets vers les bonnes personnes, que ce soit à la Safer, la Mutualité Sociale Agricole, les institutions bancaires… », ajoute-t-elle. Environ 40 à 50 dossiers bénéficient chaque année de la Dotation Nouveaux et Jeunes Agriculteurs (DNJA) en Gironde. « Pour en bénéficier, il est nécessaire de répondre à certains critères, notamment liés à l’âge et à la formation », détaille Eléonore Daly. D’autres dispositifs de financement existent, comme des prêts d’honneur et des subventions diverses, mobilisables à l’échelle locale, régionale, voire européenne.

Autofinancement et prêts bancaires : des solutions sur mesure

Le rôle des banques, tel que décrit par Sylvain Gioux, animateur expert Jeunes Agriculteurs au Crédit Agricole Centre Ouest, ne se limite pas à l’évaluation du business plan. « Le profil du porteur de projet et la pertinence de son idée priment souvent », souligne-t-il, ajoutant que de plus en plus de porteurs de projets viennent d’horizons variés et non agricoles. L’autofinancement, comme l’épargne ou les donations familiales, est une des sources de financement possible. « Aujourd’hui, on n’a pas de minimum exigé. S’il y en a, c’est mieux », indique-t-il avant d’évoquer le « salaire différé », qui permet aux jeunes ayant travaillé sur l’exploitation familiale de valoriser cette participation, et de réinvestir cet apport dans leur projet. Parmi les prêts bancaires, on retrouve les prêts à court terme, pour financer les cycles de production, et les prêts à moyen ou long terme, pour des investissements importants. « Les jeunes agriculteurs peuvent bénéficier de conditions d’emprunt plus favorables, assure le banquier. Et les garanties bancaires sont adaptées pour en réduire les coûts. » Quant aux taux d’intérêt, après une période de fluctuations, ils tendent à se stabiliser.

Retrouvez l’intégralité du webinaire en cliquant ici

De gauche à droite : Eléonore Daly, chargée de mission au PAIT de la Gironde, Sylvain Gioux, référent installation au Crédit Agricole Centre Ouest, Philippe Abram, l’animateur du webinaire, et Pierre Trigeard, conseiller foncier à la Safer Nouvelle‑Aquitaine

Le financement participatif : une tendance émergente

Le financement participatif, comme le montre la plateforme Miimosa soutenue par le Crédit Agricole, prend de l’ampleur. Selon Eléonore Daly, « les citoyens prêtent désormais de l’argent à des agriculteurs, transformant ainsi le paysage du f inancement agricole ». Ce modèle, qui implique la communauté, pourrait devenir une source significative de financement à l’avenir. « Nous devons multiplier les solutions face à une grande diversité des besoins, ajoute Pierre Trigeard, conseiller foncier à la Safer Nouvelle-Aquitaine. Nous initions de plus en plus de projets avec des nouveaux acteurs comme Fermes En Vie, Terre de Liens, Hectarea… et aussi des bailleurs privés. »

Accès au foncier : Les dispositifs de la Safer

« La Safer accompagne les porteurs de projet dans la concrétisation de leur installation, explique Pierre Trigeard. Nous explorons diverses sources de financement, comme les prêts bancaires, l’entrée d’investisseurs, le fermage, et proposons nos propres dispositifs pour faciliter l’accès au foncier. » Parmi eux, le portage foncier, qui permet à la Safer d’acquérir du foncier et de le mettre à disposition du jeune pendant 5 à 10 ans, avant de lui rétrocéder la terre différant ainsi le poids de l’investissement foncier. « De nombreux partenaires, la Région Nouvelle-Aquitaine, des départements, certaines coopératives et banques, apportent un soutien financier ». Autre solution, le stockage foncier, mis en œuvre avec la Région : « Ici, la Safer acquiert et réserve des propriétés en attente de leur transmission à de futurs installés ».

Enfin, la Safer prend en charge, sur ses fonds propres, une partie des frais d’acte lorsqu’un jeune agriculteur réalise une acquisition via la Safer. « Un petit coup de pouce, mais le total d’aides ainsi versées s’élève quand même à 1,4 millions d’euros sur ces 5 dernières années. » Le financement de l’installation agricole repose sur une combinaison d’aides, de subventions et de partenariats stratégiques. Les acteurs du secteur, qu’ils soient privés ou publics, continuent de s’organiser pour offrir des solutions adaptées afin d’assurer le renouvellement des générations d’agriculteurs dans un contexte économique complexe.

Crédit photos : Karim Brusseleers

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