Paroles de pro

Quand le stockage foncier de la Safer facilite une installation, puis une deuxième !

Dans les Pyrénées-Atlantiques, Guillaume Ryckbosch, chevrier-fromager à Coarraze, est à la tête d’un troupeau d’une soixantaine de chèvres en système transhumant sur 25 hectares. Installé depuis 2020 avec l’aide de la Safer, il ne cesse depuis d’innover pour garantir une exploitation autonome et respectueuse de l’environnement. Aujourd’hui, une nouvelle phase se prépare avec Maëlys Bernard, une jeune agricultrice passionnée, qui, grâce au stockage foncier de la Safer, se lance dans l’aventure !

Une rencontre déterminante

Au fil des années, Guillaume Ryckbosch a su bâtir une petite entreprise prospère. Il s’est installé en 2020, après avoir bénéficié d’un stockage foncier lui permettant de commencer à exploiter des terrains le temps de finaliser son installation. « J’étais encore dans mon précédent boulot et, comme je créais tout de A à Z, ce dispositif de la Safer a été crucial, surtout en étant hors cadre familial », explique-t-il. Cependant, avec le développement de l’exploitation, il devient de plus en plus difficile pour lui de tout gérer seul. En 2023, il embauche Maëlys Bernard, alors en reconversion après des études en gestion et protection de la nature.

Pour Maëlys, sa première expérience en tant que salariée chez Guillaume s’est avérée très positive. Finalement, vient l’idée de s’associer. « Maëlys était la personne parfaite avec qui j’avais envie de m’associer », raconte Guillaume. « Et c’était exactement le genre de ferme qu’elle recherchait : un petit système qui mise sur la qualité, avec un petit troupeau de chèvres, de la vente directe, de la transhumance, et un élevage en plein air ».

Zoom sur

Le stockage foncier dans l’attente d’une transmission

En partenariat avec la Région Nouvelle-Aquitaine, la Safer stocke des propriétés agricoles dans l’attente d’une transmission à des jeunes agriculteurs, soit non identifiés à ce jour, soit qui finalisent leur formation agricole ou leur dossier de financement. La durée du stockage peut aller jusqu’à 3 ans maximum. La Région prend en charge les frais de stockage.

Le stockage foncier pour faciliter l’installation

À l’issue du stage de parrainage qui aura duré une année, d’ici mars prochain, ils envisagent de créer un GAEC, baptisé « Les Champs Heureux ». « J’avais cette parcelle de 4 hectares que je souhaitais céder pour des raisons personnelles, et cela représente une belle opportunité pour Maëlys d’intégrer du foncier au GAEC », explique Guillaume. Maëlys ne pouvant pas l’acquérir immédiatement, ils ont fait appel à la Safer pour mettre en place un stockage foncier. « C’est un excellent outil qui permet à Maëlys d’apporter une part de foncier, tout en lui laissant le temps de finaliser ses démarches financières », explique Guillaume. Maëlys peut ainsi s’installer sereinement tout en participant activement à l’entreprise. « Nous sommes en phase avec la vision que nous avons de la ferme et du travail. Nous avons une confiance mutuelle, ce qui est essentiel pour s’installer ensemble », souligne-t-il.

C’est un excellent outil qui permet à Maëlys d’apporter une part de foncier, tout en lui laissant le temps de finaliser ses démarches financières

Un chemin tracé par la passion

Pour Guillaume, devenir chevrier fromager n’était pas un chemin tout tracé. S’il est certes un enfant de Coarraze et ingénieur agricole spécialisé en eaux et forêts, il a commencé ses 12 premières années professionnelles au sein de la fonction publique territoriale avant de se lancer dans l’aventure. Une reconversion professionnelle en plusieurs étapes. « Cela faisait plusieurs années que j’étais attentif aux fermes qui se libéraient dans mon village », avait-il confié. C’est fin 2018 qu’il trouve les terres, 25 ha de parcelles issues d’un ancien élevage bovin, avec, pour ne rien gâcher, une vue magnifique sur les Pyrénées.

« J’avais bénéficié à l’époque d’une installation progressive. Cela m’avait permis de commencer à m’installer tout en ayant mon boulot à côté ». Sur l’achat des terrains aussi, il avait bénéficié des « chouettes outils fonciers » de la Safer. « J’avais acheté les terrains en deux temps : 5 ha d’entrée, et pour le reste, j’avais fait un stockage foncier avec la Safer pour une durée d’un an. J’avais pu ainsi exploiter ces terrains tout en gardant mon ancien travail. » En janvier 2020, Guillaume avait définitivement quitté son emploi pour se consacrer à plein temps à son exploitation.

Une complémentarité gagnante

Dans leur futur GAEC, les rôles seront clairement définis : Guillaume se concentre sur l’élevage et la gestion des cultures, tandis que Maëlys prend en charge la transformation et la commercialisation des produits. « C’est une petite entreprise, donc pour l’instant, nous développons petit à petit avec un petit troupeau, en mettant vraiment l’accent sur la valeur ajoutée, c’est vraiment ce que nous souhaitons », précise Guillaume. Cependant, la polyvalence restera au cœur de leur travail quotidien, chacun pouvant remplacer l’autre en cas de besoin. « Maëlys, passionnée par la fromagerie, teste plusieurs produits et a déjà élargi la gamme des lactiques, détaille-t-il. Grâce à son expérience d’animatrice, elle accueille également des écoles. Notre activité se diversifie, mais ce qui nous motive, c’est le contact humain »

Crédit photos : Adrien Basse-Cathalinat

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